EN 2 PUNCHLINES
"Ce soir, l'Afrique n'est plus en marge des Jeux, elle en devient le cœur."
"Nous ne voulons pas laisser une charge, nous voulons laisser un héritage". (Mamadou Diagna Ndiaye, Ouverture des JOJ 2026, Dakar, samedi 31 octobre).
Dans la tradition africaine, comme pendant cette merveilleuse soirée d'ouverture des JOJ, le spectacle se mêle à la vie ordinaire, les contextes de travail et de loisirs s'interpénètrent, les rencontres les plus inattendues se produisent sur la scène artistique où se retrouvent, généalogistes, chanteurs, danseurs, lutteurs, chercheurs, marchands ambulants, émigrés, etc.
La soirée spectacle d'ouverture des JOJ a été grandiose, magnifique, inscrite dans l'optique du spectacle total. Félix Morisseau-Leroy journaliste, dramaturge, professeur et poète haïtien en exil au Sénégal pour fuir la dictature de François Duvalier, avait déjà introduit, au courant des années 70, l'idée de "théâtre total" et influencé fortement la scène dramatique du théâtre populaire de l'époque. Le concept était déjà bien connu pendant la décennie 1970 et l'héritage se consomme encore.
Le mérite du concepteur de ce spectacle "total" complexe et décomplexé, d'ouverture des JOJ 2026, M.Ibrahima Khalil Cissé, le directeur artistique, est de réussir la réappropriation de notre histoire culturelle, sous l'autorité de Mme Khady Niang, Directrice des Cérémonies de ces JOJ. Peut-on ne pas mentionner la participation de toute une équipe d'experts, qui ont donné la plénitude de leurs immenses talents ? On a bien compris qu'ils ont mis la main à la pâte, avec beaucoup de cœur.
Il faut saluer la réussite du double défi opérationnel, (concret, technique) et artistique (association des acteurs, danseurs, figurants, etc.) qui autorise, comme on le sait, plus de liberté dans les prestations. Images, sons et danses ont donc contribué à donner à cette production aboutie, autocentrée, une image gratifiante du véritable héritage culturel africain à sauvegarder (qui, pour ma part, ne correspond pas nécessairement au patrimoine que l'on tente de "sauver" par le retour des statuettes et des masques dans des sanctuaires oubliés). Avec cette fresque historique, on est bien dans les univers habités par le génie des anciens dont parlait André Malraux, dans son discours d'ouverture du 1e Festival mondial des Arts nègres, en 1966.
En tout cas, les JOJ Sénégal 2026 ont suscité une communion populaire dans le pays ; et hors de nos murs, un intérêt du monde de la diplomatie des peuples avec les félicitations de l'ONU, celui des sports, celui des arts et même celui de la foi, à travers le message délivré par le Saint-Père Léon XIV.
Ce qu'on gagne, chez nous, c'est d'abord l'instillation de l'esprit olympique et de règles universelles, dans les espaces scolaires et dans l'imaginaire du peuple. Ce sont évidemment les équipements, aménagements et infrastructures sportives réalisés. C'est, en même temps, la formation de plus d'une centaine de jeunes dans des disciplines sportives et de nombreux adultes formés dans le domaine de l'encadrement technique.
Dans ce contexte favorable, une partie du rêve de la jeunesse de notre pays est près de s'accomplir, si l'on garde le cap.
N'est-ce pas le temps du renouveau des Chemins de fer (avec ses nombreuses possibilités d'activités commerciales), jusqu'à la limite de la région de Thiès et peut-être au-delà, en relation avec le redéploiement de l'espace sportif, disons la nouvelle carte sportive ? Quelles possibilités d'emplois jeunes avec les nouvelles infrastructures sportives ?
Il faut souhaiter, au-delà de l'aspect festif, le début d'une ère nouvelle où le sport deviendra, dans notre pays, un pourvoyeur d'emplois et un levier de développement.
Pr. Birahim Thioune
